Après trois victoires faciles contre la Grande-Bretagne (44-15), l'Argentine (32-20) et la Tunisie (25-19), des adversaires de seconde zone, les Français rencontraient leur premier gros morceau. Et ils ont manqué leur rendez-vous. Ce qui peut être assez inquiétant, tant ils ont paru empruntés et incapables de trouver des solutions dans le jeu placé. Certes, grâce à quelques coups d'éclat, et la détermination de son capitaine Jérôme Fernandez qui les a souvent remis sur de bons rails, les Français n'ont jamais été très loin. Mais leur défense a trop souvent pris l'eau, dans un défi physique qu'ils ont perdu face à des Islandais qui se sont beaucoup mis à la faute mais dont la tactique de l'affrontement a finalement payé.
Cette défaite est plus qu'une défaite. Elle replace les Français dans un contexte un peu différent car s'ils avaient pu dérouler dans leurs premières rencontres, on s'est aperçu que face à une toute autre adversité, ils connaissaient davantage de difficultés à prendre le jeu à leur compte. Faut-il imaginer une déroute comme à l'Euro? "Je ne nous vois pas sur cette pente là. Il n'y a pas de raison de faire le parallèle. On est des grands garçons, on est habitué à se relever", a rassuré Guillaume Gille.
Problème: les Bleus n'ont pas compensé un secteur par un autre. Car ils se sont montrés assez maladroits dans la conclusion de leurs attaques en première période en même temps qu'ils manquaient de percussion en défense, laissant les Islandais poser leur jeu. Ce dont Stefansson ne se priva pas de profiter. Obligés de courir derrière le score, les hommes d'Onesta se sont trop précipités et ont laissé beaucoup de munitions à leurs adversaires. Heureusement, la culture bleue et l'expérience leur permettent toujours d'avoir quelques armes et réserves et sur quelques actions sporadiques, ils restaient dans le match à la pause (15-16).
Les Français mobilisés pour la suite
Une déception et des doutes
Mais la difficulté demeurait, celle de contourner un bloc défensif islandais puissant et parfois à la limite du tolérable, jouant avec la règle et les arbitres. S'ils reprenaient un peu des couleurs offensivement, ils ne parvenaient pas à faire la différence face à des Islandais accrocheurs qui ne lâchaient rien. Les Français finalement butaient dans les dernières secondes sans être â parvenus à se sublimer dans le money-time, ce qui a pourtant été longtemps leur marque de fabrique. Les Islandais ont joué sans complexe et avec beaucoup d'engagement alors que les Bleus, visiblement, manquaient de fraîcheur et n'ont pas levé tout à fait les doutes sur leur capacité à hausser considérablement leur niveau de jeu. Il le faudra pourtant, et ce dès le dernier match contre la Suède, si les champions olympiques en titre veulent continuer d'espérer dans une compétition, eux qui se sont fixés pour défi de conserver leur couronne.
Malgré la défaite, les Bleus restent préfèrent positive car ils ont montré beaucoup de bonnes chose en attaques, en défense et dans la débauche physique. "Après les matches qu'on avait faits, on avait besoin de celui-là pour s'habituer à ce niveau d'exigence. Je suis content de ce match franchement. C'est intéressant qu'on ait réussi à revenir sans s'affoler. Pour le moment il n'y a pas d'affolement", a conclu le coach Claude Onesta.


