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Le Dakar à la recherche du temps perdu

Le village de Volcan enseveli sous une mer de boue

Le village de Volcan enseveli sous une mer de boue | Franck FIFE / AFP

Par notre envoyé spécial

Publié le 11/01/2017 | 19:46

Chaleur. Pluies. Innondations. Etapes raccourcies. D'autres purement annulées. Ce Dakar tourne au vinaigre alors que le suspense bat son plein chez les autos entre Sébastien Loeb et Stéphane Peterhansel. L'organisation fait tout son possible pour relancer la course dès demain entre Chilecito et San Juan.

Le mot « extrême » revenait dans toutes les bouches quand le Dakar a été présenté en novembre dernier. Deux mois plus tard, il prend tout son sens. Depuis le départ, rien n’a été épargné aux participants et suiveurs. Si les températures élevées sont un classique du rallye depuis son déménagement en Amérique du Sud, les phénomènes orageux n’avaient perturbé la course qu’en de rares occasions. Cette année, c’est un déluge qui s’abat sur l’organisation. Un ciel chargé qui a fini par éclater dès l’entrée en Bolivie avec en point d’orgue l’annulation de la 6e étape entre Oruro et La Paz et le raccourcissement de la 7e entre la capitale bolivienne et Uyuni. Le retour en Argentine n’a pas changé la donne. Un gigantesque glissement de terrain à proximité de Jujuy a provoqué des nombreux dégâts matériels et plusieurs victimes parmi la population.

Une mer de boue

Un mer de boue a déferlé sur les habitants de la localité de Volcan. Le rallye, qui passait par ces routes, s’est lui retrouvé coupé en deux. « Ca fait neuf ans qu'on vient en Argentine, on a une petite habitude maintenant des conditions qu'on peut rencontrer. Cette année, il y a une conjonction de phénomènes encore une fois extrêmement violents, face auxquels on ne peut pas faire grand chose, a expliqué le directeur du rallye Etienne Lavigne. En l'occurrence, on a su réaliser des étapes toutes les fois où on pouvait le faire dans de bonnes conditions, et là, malheureusement, on est une nouvelle fois empêchés de dérouler l'étape, mais ça n'est pas le plus important par rapport à cette situation de catastrophe qui a touché ce village. » Le Dakar a d’ailleurs proposé ses services pour aider les autorités argentines dans ces circonstances dramatiques. « Nous avons jugé utile de proposer à la Province de Jujuy l’ensemble de nos moyens sanitaires, nos hélicoptères et nos véhicules médicaux, a indiqué le patron du Dakar. On a essayé de voir comment les aider. Avec toutes ces circonstances, continuer la course aurait été déplacé. »

Repartir demain

Le Dakar amputé de ses deux étapes reines, Etienne Lavigne tente de sauver ce qui peut encore l’être. Pour l’intérêt de la course, il est indispensable que la 10e étape entre Chilecito et San Juan puisse se disputer. Le problème est à la fois simple et complexe. Il faut regrouper concurrents et assistances à Chilecito à presque 1000 km au sud de Salta et remettre en place toute la logistique. Les acteurs de la course devraient parvenir au cours de la journée à Chilecito et les petites assistances (4X4) dans la soirée. En revanche, les camions 6x6 ont peu de chance de rejoindre la rallye à temps. Enfin, l’incertitude règne autour des points de contrôle (CP) qui doivent être installés avant le départ de l’étape. Des hélicoptères se chargent d’acheminer hommes et matériels « Nous sommes face à une situation climatique exceptionnelle qui perturbe dans le déroulement du Dakar. Cela nous pousse à nous adapter, à repenser notre organisation, ce qu’on a fait plutôt bien jusqu’à maintenant. Une bonne organisation doit savoir se réadapter et ne pas être paralysé. On va faire en sorte de pouvoir reprendre le départ dès demain. » S’il faut retenir une bonne nouvelle, c’est que la pluie semble définitivement derrière le rallye.

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