Euro - Euro : les rois de l'arène

Publié le 02/07/2012 | 14:23, mis à jour le 02/07/2012 | 14:25

Sergio Ramos

Sergio Ramos (GABRIEL BOUYS / AFP)

De l'Espagne, auteur d'une incroyable passe de trois sur quatre ans, à la renaissance italienne, en passant par la qualité du jeu développé et l'ambiance festive dans les stades ukrainiens et polonais, retour sur un "Euro" souvenir. Seules ombres au tableau : les Pays-Bas, décevants sur le plan sportif, et la France encore une fois piégée par ses propres turpitudes.

La confirmation : L'Espagne

Tout a déjà été dit sur la Roja, qui vient de s'enfoncer un peu plus dans la légende en signant un triplé inédit Euro 2008-Coupe du Monde 2010-Euro 2012. Même l'Allemagne du grand Beckenbauer avait échoué à réaliser ce triptyque. A cette altitude, les partenaires de Casillas sont désormais seuls au monde. Entrés doucement, voire poussivement, dans la compétition, passés tout près de l'élimination en demi-finale face au Portugal, vaincu aux tirs au but, les Espagnols avaient gardé le meilleur pour la fin. Certes, l'Italie a fini le match à dix, mais que pouvait-elle face à cette démonstration de force collective ? En Espagne, pas de joueurs stars, pas d'égo surdimensionné, tout le monde tire dans le même sens. Et avec quelle précision...

La révélation : L'Italie

La Squadra Azzurra a bien changé. Si elle traîne toujours certaines casseroles (cette année le scandale des matchs truqués), l'Italie a su se renouveler au bon moment. Alors que toutes les équipes à vocation défensive sont amenées à disparaître tels des dinosaures de l'ère glacière, celle qui en était le chantre a fait peau neuve par la grâce d'un homme, Cesare Prandelli. Apôtre d'un jeu tourné vers l'avant, le sélectionneur transalpin a su faire passer son message à une équipe séculairement attachée à sa culture du résultat. Une sacrée gageure.

Les Euro stars

Finalement, comme c'est souvent le cas, le groupe a pris le pas sur l'individu. Difficile d'extraire des joueurs clés parmi l'effectif champion d'Europe tant chacun est à sa place et récite sa partition sans fausse note. Pourtant, de Casillas, impeccable de bout en bout, en passant par l'intransigeant Sergio Ramos ou de la révélation Jordi Alba sur le côté gauche, la Roja a d'abord excellé en défense. Au milieu, et ce n'est une surprise pour personne, elle a fait la loi avec un Xavi revenu à son meilleur niveau le jour de la finale et un Iniesta élu meilleur joueur du tournoi. En toute logique. L'armada espagnole n'a pas été la seule à briller, heureusement. L'Italien Andrea Pirlo aura été l'un des joueurs majeurs de la compétition alors que le Portugais Pepe s'est affirmé au poste de défenseur central, faisant preuve d'une sérénité à des années-lumière de son rôle de chien fou au Real Madrid. Autre Madrilène à se mettre en évidence, Cristiano Ronaldo a répondu, partiellement, aux immenses attentes placées en lui. La star de cet Euro aura manqué ses deux premiers matchs, survolé les deux suivants, avant d'échouer tout près du but face à ses "cousins" espagnols. Enfin, au rayon individuel, difficile d'ignorer le cas Mario Balotelli. Un talent évident, un comportement parfois à la limite mais surtout une gueule et une attitude de star. Il en faut.

La déception : Les Pays-Bas

L'équipe néerlandaise est un peu l'antithèse de la sélection espagnole. Comme la gagnante de l'Euro, les Pays-Bas regorgent de talent à (presque) tous les postes sauf que si chacun tire la couverture à lui, cela ne sert à rien. Un assemblage d'individualités, si brillantes fussent-elles, ne fait jamais un collectif. Pour l'avoir oublié, les Bataves, que certains voyaient remporter le titre, quittent l'Ukraine et la Pologne avec trois défaites en autant de matchs.

Le point d'interrogation : La France

Laurent Blanc voulait que la France suive le modèle espagnol. Le temps aura manqué au sélectionneur français. Tiraillé entre la volonté de faire évoluer son groupe et la nécessité du résultat, Blanc a parfois semblé naviguer à vue. Si l'objectif initial, la qualification pour les quarts de finale, a été atteint, la manière à laisser à désirer, tant sur le terrain qu'en dehors où les différentes "affaires" (au centre desquelles on retrouvait souvent Samir Nasri) ont ébranlé le fragile édifice tricolore. Sans doute lassé par une autorité contestée, par certains joueurs et par le président de la Fédération Noël Le Graët, Laurent Blanc a décidé de ne pas poursuivre l'aventure. Cette dernière passe désormais par la qualification pour la Coupe du Monde 2014 au Brésil. Avec quels joueurs et quels entraîneur ? Une seule chose est sûre pour le moment, c'est que la France y retrouvera sur sa route l'Espagne. Aux Bleus désormais de réduire l'écart.