Tour de France - Franck Pineau : « On a le vent dans le dos »

Publié le 18/07/2012 | 12:57

Franck Pineau : « On a le vent dans le dos »

Franck Pineau, directeur sportif de la FDJ-Bigmat (PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN)

Le directeur sportif de la FDJ-Bigmat Franck Pineau savoure cette euphorie qui a gagné l’équipe avec les deux victoires de Pinot et Fedrigo. Mais d’autres succès sont encore à prendre et Pineau en veut encore.

 

Question : Comment va l’équipe à cinq jours de l’arrivée à Paris ?
Franck Pineau : « La journée de repos a été la bienvenue pour tout le monde. Pour nous aussi. On a un petit avantage psychologique et la fatigue on la sent peut-être un petit peu moins lorsqu’on a gagné deux étapes dans le Tour, qui plus est avec un jeune qui est dixième du général. Tout ça aide à récupérer et c’est un bel atout. »

Q : La FDJ-Bigmat n’a plus de pression. Du coup, c’est tout pour le top 10 de Pinot ?
FP : « On en a gagné deux donc il y a moins de pression mais ça donne envie d’en gagner trois et ainsi de suite. Il y a une dynamique qui s’est mise en route et si on peut en gagner une troisième on le fera. Thibaut, on le découvre un peu comme tout le monde, vous journalistes comme nous directeurs sportifs. Thibaut est jeune, il n’a que 22 ans. Il récupère très bien et on va l’aider à ce qu’il fasse un top 10 sur ce Tour de France. Et pourquoi pas aller chercher une nouvelle étape car en jouant sur les gros, des portes peuvent s’ouvrir. On a le vent dans le dos en ce moment, pourquoi pas faire les deux, étape et top 10. Je sais que ça peut paraître gourmand mais il faut toujours profiter de l’élan qu’on a. Le vélo c’est très dur. On n’a pas toujours gagné des étapes sur le Tour et on a souvent été au fond du classement donc là on en profite. »

Q : Que doit faire Thibaut Pinot pour atteindre son objectif top 10 ?
FP : « Pour le grand public, les médias, la télé, vous aimeriez qu’il fasse un kilomètre zéro et un one-man-show devant mais il faut l’oublier un petit peu. C’est un être humain et pas une machine. Le plus sage pour lui, c’est d’essayer de suivre les meilleurs. »

Q : Il a pris beaucoup d’expérience en deux semaines de Tour
FP : « On travaille pour l’avenir avec lui. L’équipe travaille autour de lui. On prend des marques. Deux coureurs vont s’occuper de lui aujourd’hui, notamment Cédric Pineau qui est vraiment venu sur le Tour de France pour s’occuper de son homonyme. On ne fait pas du grand n’importe quoi avec Thibaut Pinot mais on essaye de construire quelque chose de solide comme on l’a toujours fait chez nous avec les jeunes. On est prudent avec lui et on essaye de lui apprendre la façon de courir. On n’est pas au ball-trap. »

Q : Comment voyez-vous l’étape du jour ?
FP : « Ce n’est pas un secret de polichinelle. Il y aura deux classements. Un pour l’étape et un pour le général. Ça fait deux courses dans une avec une échappée qui va partir de loin avec des bons coureurs qui vont rallier Bagnères-de-Luchon pour la victoire d’étape. Derrière, un autre classement va se faire avec Cadel Evans et Vincenzo Nibali qui risquent d’attaquer Wiggins. Ils ne peuvent le faire qu’ici car ce n’est pas dans le chrono qu’ils iront chercher du temps sur Wiggins. Après, personne n’est à l’abri. Wiggins est aussi un être humain, il peut avoir une défaillance. En tout cas ça peut donner quelque chose de sympa aujourd’hui. »

Q : Une échappée ira au bout ?
FP : « Oui je pense car à la différence des Alpes, il n’y a quasiment pas de vallée dans les Pyrénées. Au pied du Tourmalet jusqu’à l’arrivée à Bagnères il n’y a pas de vallée donc ça favorise pas mal les échappées. Aucune équipe ne peut s’organiser à rouler derrière des gens dangereux. Seule la Sky qui est très forte en montagne peut faire un gros tempo. »