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Judo - Judo féminin : le voile de la discorde

Publié le 01/08/2012 | 13:18

Judo féminin : le voile de la discorde

Le tatami, théâtre de polémique (FRANCK FIFE / AFP)

L'autorisation donnée à la judokate saoudienne Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shahrkhani de participer aux Jeux Olympiques la tête couverte est "un mauvais signe" et "un pas de plus vers l'obscurantisme", a dénoncé la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra).

"Pour nous, c'est encore un mauvais signe qui est donné. La brèche avait  été ouverte par la Fifa", a déclaré par téléphone à l'AFP Carine Bloch,  vice-présidente de la Licra chargée du sport. Le 5 juillet, la Fédération internationale de football (Fifa) a autorisé  les joueuses à porter le voile lors de ses compétitions. "Pour nous, c'est un pas de plus vers l'obscurantisme. Nous sommes  inquiets, car nous considérons le sport comme un pas de plus vers  l'émancipation", a ajouté Mme Bloch. "C'est sûr que le problème est différent en France et dans ces pays-là qui  ne sont pas des démocraties. Quand ces femmes peuvent pratiquer, c'est quand  même avec beaucoup d'encadrement. Nawal El Moutawakel (Marocaine championne  olympique du 400 m haies en 1984) et Hassiba Boulmerka (Algérienne championne  olympique du 1500 m en 1992) avaient bravé les menaces des intégristes et font  plus avancer la cause", estime-t-elle.

Aucune précision n'a été donnée quant au type de vêtement ou d'accessoire  que pourra utiliser la jeune Saoudienne de 18 ans, venue à Londres accompagnée  de son père. Ce dernier, avait menacé de retirer sa fille du tournoi olympique  des +78 kg si elle n'était pas autorisée à porter le voile durant son combat. La Licra redoute l'impact des décisions du CIO et de la Fifa en France,  même si la Fédération française de football (FFF) a interdit le port du voile à  ses propres licenciées. "Aujourd'hui, ça ne concerne que des dizaines de joueuses, mais je pense  que ça va en concerner beaucoup plus à partir du moment où des Fédérations  internationales envoient des signes de cette nature. Nous avons déjà reçu des  témoignages au sujet de filles qui ont eu des problèmes à la maison, car elles  pratiquent le football", a-t-elle assuré. Elle plaide pour "une prolongation de la loi à l'école", pour que le port  du voile "soit interdit pour les mineurs et éducateurs".