Euro - L'Espagne dans la légende

Publié le 01/07/2012 | 21:45, mis à jour le 02/07/2012 | 10:22

Les Espagnols exultent après leur victoire

Les Espagnols exultent après leur victoire (GIUSEPPE CACACE / AFP)

L'Espagne est entrée dans l'histoire du football en battant l'Italie en finale de l'Euro (4-0) grâce à David Silva (14e), Jordi Alba (40e), Fernando Torres (84e) et Juan Mata (88e). Championne d'Europe en 2008, championne du monde en 2010, la Roja réalise ainsi un triplé inédit. L'une des meilleures équipes de l'histoire du football.

L'Espagne l'a fait. Favorite, la Roja a réussi là où l'Allemagne des années 70 avait échoué. A savoir gagner l'Euro, la Coupe du monde et encore l'Euro dans la foulée. La Roja a rendu possible l'impossible. Difficile de savoir ou s'arrêtera cette génération dorée - 11 joueurs sont des trois campagnes de 2008, 2010 et 2012, 18 ont fait le doublé 2010-2012 - tant elle domine son sujet avec maestria. Pour cette quatrième finale entre deux équipes qui s'étaient déjà affrontées en poule, l'Espagne a enfin pris le meilleur sur l'Italie (1-1 en poule) qu'elle n'avait plus battue en match officiel dans le temps réglementaire depuis les Jeux Olympique de… 1920. Elle poursuit sa success-story justement commencé contre l'Italie lors du quart de finale de l'Euro 2008 remporté aux tirs au but (0-0, 4 t.a.b à 2).

Deux tirs, deux buts

Les Espagnols ont-ils joué les matches précédents? C'est la question que l'on peut se poser après cette finale tant ils ont dominé techniquement et physiquement. Jusqu'à présent, les Espagnols pratiquaient la stratégie du "fakir" (endormir l'adversaire et les spectateurs) pour faire la différence. Alors, comme d'habitude, ils procédaient par leur fameux "tiki-taka", fait de passes courtes et répétées. A la différence des tours précédents, les Espagnols mettaient de la vitesse dans leur jeu pour ne plus laisser de place au hasard dans le résultat final.  

Xavi s'appuyait sur Fabregas mais frappait au-dessus (10e). Quelques minutes après, Iniesta lançait en profondeur Fabregas. Le "neuf menteur" enrhumait Chiellini pour déposer le ballon sur la tête de Silva. Buffon était battu (1-0, 14e). Et que dire du deuxième but. Après un une-deux interminable avec Xavi, le latéral Jordi Alba crucifiait Buffon d'une frappe du gauche (40e, 2-0). Deux tirs cadrés, deux buts, des tueurs ! Organisés en 4-6-0, une idée par si farfelue du sélectionneur Vincente Del Bosque, les Espagnols pliaient le match. Sans attaquant, s'il vous plait!

Casillas, rempart infranchissable

Pourtant, l'Italie si séduisante débuts le début de l'Euro avait réagi malgré la perte de Chiellini remplacé par Barzagli (21e). Les Italiens mettaient (enfin) le pied sur la balle pendant quelques minutes mais butait sur un Casillas de plus en plus proche du ballon d'or. Après avoir détourné un corner (16e) et un centre (26e), il stoppait avec autorité la frappe à ras de terre (29e) puis le tir de 25 mètres de Cassano (32e). Impérial, le gardien se permettait de chambrer Balotelli après une frappe dans les nuages (38e) et repoussait des frappes de Montolivo (42e et 50e). C'est simple: Casillas n'a plus encaissé de but depuis 990 minutes -10 matches- dans une phase finale d'une grande compétition. Les Italiens ont tenté et joué le jeu. En vain.

L'Espagne aurait pu alourdir la marque au début de la second mi-temps après un rush de Fabregas (48e) et surtout une main de Bonucci sur une tête de Ramos (49e) non-sifflée par l'arbitre portugais Proença, sa seule erreur sans conséquence. La mission devenait impossible lorsque Tiago Motta, troisième remplacement italien, se blessait une minute après son entrée en jeu (61e). La Squadra azzura se retrouvait à dix face aux Invincibles Espagnols. En même temps, la messe était dite depuis longtemps. Encore plus après les buts de Torres, entré à la place de Fabregas et lancé par Xavi, son troisième de la compétition (84e, 3-0), et de Juan Mata, servi par Torres(88e, 4-0). Cette équipe d'Espagne a éliminé de son vocabulaire la simple possibilité d'une défaite. Au moins pour un temps.