Vous êtes ici

Rio 2016 : Riner, Lavillenie, Andeol, le handball, Yoka, les réussites et les échecs des Bleus

Les joies et les peines des Bleus à Rio (de gauche à droite) : Renaud Lavillenie, Teddy Riner, Emilie Andeol, Christophe Lemaitre, Nikola Karabatic et Kentin Mahe

Les joies et les peines des Bleus à Rio (de gauche à droite) : Renaud Lavillenie, Teddy Riner, Emilie Andeol, Christophe Lemaitre, Nikola Karabatic et Kentin Mahe | AFP

Par notre envoyé spécial

Publié le 22/08/2016 | 06:30, mis à jour le 22/08/2016 | 11:36

Ces 26e Jeux Olympiques auront été une réussite pour le clan tricolore. A Rio, avec 42 médailles dont 10 titres, la France a fait mieux qu'à Londres et même amélioré son record de médailles obtenu à Pékin en 2008. Comme à chaque fois, certains leaders ont assuré, d’autres ont déçu et de belles surprises sont apparues. Bilan.

L’or de briller

Notre porte-drapeau a vaincu la malédiction. Teddy Riner a conservé son titre olympique acquis à Londres. A 27 ans, avec ses trois médailles olympiques (deux or, une bronze en 2008) et ses huit titres mondiaux, il est devenu le plus grand judoka français de l’histoire dépassant David Douillet. Ce sacré Teddy, leader charismatique et "ambianceur" des Bleus, a mérité des vacances avant de, peut-être, retrouver les tatamis en 2020 à Tokyo, au pays du judo, pour une sortie par l’immense porte ? Dans l’ombre du géant, le duo Jérémie Azou-Pierre Houin a assumé son statut de favori. En deux de couple poids léger, les deux hommes ont conquis l’or et mis fin à l’injustice de Londres où le bateau français avait été privé d’une médaille. Dans leur bonheur, ils n’ont pas oublié d’associer le troisième homme Stany Delayre, complice pendant une olympiade de Jérémie Azou et remplacé au dernier moment par le jeune Pierre Houin.

 
 

Après son zéro pointé à Londres, le plus gros pourvoyeur de médailles du sport français, l’escrime, s’est relevé. Trois médailles, une de chaque métal, qui font 118 au total. L’or pour l’épée par équipes (Yannick Borel, Daniel Jérent, Jean-Michel Lucenay, Gauthier Grumier) masculine pour le dernier combat de Hugues Aubry, l’argent pour le fleuret par équipes (Jérémy Cadot, Enzo Lefort, Erwan Le Pechoux, Jean-Paul Tony Helissey) masculine et le bronze en épée individuelle pour Gauthier Grumier. En planche à voile, Charline Picon, championne du monde en 2014, a conquis l’or olympique. Le couple doré de la boxe française Estelle Mossely (57-60kg) et Tony Yoka (+91kg) aura été l’une des belles histoires françaises de ces JO. Tout comme Denis Gargaud en canoë-kayak, longtemps dans l’ombre de Tony Estanguet, longtemps attendu, et aujourd’hui en pleine lumière.


Lire aussi : le tableau des médailles de l'équipe de France à Rio


De l'émotion et de belles surprises

Les grands moments offerts par cette équipe de France n’auront pas manqué. La détermination dans le regard, la joie et les larmes de bonheur de la judokate Emilie Andeol sur le tatami brésilien et avec l’or autour du cou resteront. La jeune femme ramène le seul titre du judo féminin, alors qu’elle était loin d’être la plus attendue. L’équitation tricolore restait sur un échec en 2012. Elle est remontée en selle à Rio. Deux titres par équipes en concours complet (Nicolas Astier, Karim Laghouag, Thibaut Vallette et Mathieu Lemoine), en CSO (Roger-Yves Bost, Kevin Staut, Philippe Rozier et Pénélope Leprevost), et une médaille d’argent en individuel (Nicolas Astier) en concours complet. Une superbe moisson pour un groupe qui a connu des galères avant et pendant les Jeux.

 
 

L’athlétisme français a récolté six médailles, son plus gros total depuis 1948. La joie de Christophe Lemaitre, en bronze sur le 200m, et les promesses de Kevin Mayer, argent en décathlon, auront été des divines surprises, tout comme l’argent de Melina Robert-Michon au disque et le bronze de Dimitri Bascou en 110m haies. Mahiedine Mekhissi (bronze sur 3000m steeple) et Renaud Lavillenie avec sa médaille d’argent à la perche (voir plus bas) complètent ce superbe bilan. La boxe, avec six médailles, a apporté sa très belle pierre à l’édifice. Sarah Ourahmoune (argent en 48-51kg), Sofiane Oumiha (argent en -60kg), Souleymane Diop Cissokho (bronze en -69kg) et Mathieu Bauderlique (bronze en -81kg) ont été les parfaits sergents du couple Mossely-Yoka. Elodie Clouvel en pentathlon moderne et les filles du handball ont échoué à la deuxième place, mais elles ont lutté avec leur cœur. Enfin comment oublier Yohann Diniz, ce forcat du bitume qui est allé au-delà des limites, au mépris de sa santé, pour terminer 8e du 50km marche.

Des déceptions malgré les médailles

Pour eux, l’or était une obligation. Grands favoris de la perche et du 50m nage libre, Renaud Lavillenie et Florent Manaudou ont dû se contenter de l’argent. Quatre ans après leur titre à Londres, ils sont tombés sur plus forts qu’eux. Porté par tout un pays Thiago Braz Da Silva a réussi le concours de sa vie et le revenant Anthony Ervin a battu le Marseillais pour un centième sur 50m nage libre. Ca n’a pas voulu sourire pour nos deux Français, qui régnaient sur leur discipline depuis quatre ans. Ils ne l’avaient pas non plus sur le podium. Le temps effacera peut-être la déception. Les handballeurs tricolores, eux, rêvaient d’un troisième titre olympique, prouesse jamais réalisée chez les hommes, mais ils sont tombés face aux Danois en finale. Les sports collectifs, hormis le handball, auront déçu : on attendait une meilleure fin pour la génération Parker et plus de la Team Yavbou en volley et des filles en football.

 
 

Très attendu, le cyclisme français a failli à Rio avec une seule médaille (le bronze en vitesse par équipes sur la piste) ramenée dans les quatre disciplines (route, piste, BMX et VTT). Lui n’aura pas un métal pour se consoler. Troisième meilleure performance mondiale de l’année, vainqueur plein de maîtrise de sa demi-finale, Jimmy Vicaut a raté sa finale en finissant à la 7e place. Dans l’eau, Aurélie Muller, championne du monde en titre du 10km, a glané l’argent avant de se voir rétrograder. Quadruple champion du monde en Nacra 17, le couple Billy Besson-Marie Riou a terminé 6e, handicapé par la blessure du navigateur.

Des polémiques malvenues

L’équipe de France a aussi fait parler d’elle en dehors des terrains. Championne toutes catégories, la natation tricolore. En plus de résultats décevants - seulement deux médailles d’argent quatre ans après les 7 médailles de Londres dont 4 titres – les nageurs se sont illustrés par des déclarations tapageuses sur le dopage - n’est-ce pas Camille Lacourt ? - et par des polémiques internes (le cas Yannick Agnel et son absence sur le 4x200m). La conférence de presse de bilan a été à l’image de la semaine de compétition, tendue, avec ce coup de gueule de Romain Barnier envers l’ancien champion olympique, Alain Bernard.

Renaud Lavillenie, lui, n’a pas digéré les sifflets à son encontre lors du concours de la perche. Remonté contre le public brésilien, le perchiste a laissé parler sa rancœur après le concours. Des déclarations qui n’ont pas plu évidemment et qui lui ont valu une bronca encore plus nourrie lors du podium. Enfin le tennis tricolore n’a pas non plus brillé sur le ciment de Rio, mais s’est, en plus, désintégré suite à l’affaire Benoît Paire. Peu concerné, pas motivé et tout sauf collectif, le joueur a été exclu de l’équipe de France en cours de tournoi.

 
 

Sur le même sujet