Top 14 - Lorenzetti et Boudjellal lancent la demie

Jacky Lorenzetti, le président du Racing-Metro

Jacky Lorenzetti, le président du Racing-Metro (AFP - JEAN-SEBASTIEN EVRARD)

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Publié le 13/05/2014 | 18:44, mis à jour le 13/05/2014 | 19:17

A trois jours de la demi-finale entre Toulon et le Racing-Métro, qui aura lieu vendredi soir à Lille, le président du club francilien Jacky Lorenzetti s'est payé le scalp de son futur adversaire lors d'une conférence de presse au Plessis-Robinson. Il a notamment ironisé sur le cosmopolite Rugby club toulonnais de son homologue Mourad Boudjellal qui dispute "la Coupe de l'Univers."

"On est conscient d'affronter en demi-finale l'équipe universelle, l'équipe du monde, avec sa galaxie de très grands joueurs, a déclaré Jacky Lorenzetti. Nous  on joue le Top 14 et eux ils jouent la Coupe de l'univers donc c'est un peu  délicat. Mais on va essayer d'être à la hauteur." Comme face au Stade Toulousain en barrages, le Racing-Metro a choisi de se mettre dans la posture de la victime quasi-expiatoire, ne se donnant que "6 ou 7%" de chances de l'emporter. "Cette semaine, on va beaucoup s'amuser car chacun va expliquer qu'il n'est  pas favori", prédisait samedi dans les colonnes de Var-Matin son homologue toulonnais Mourad Boudjellal. Comme à l'accoutumée, ce dernier avait allumé la première mèche hier, évoquant les "trois clubs sous mécénat" présents en demi-finales ce week-end à Lille (Castres, le Racing-Métro et Montpellier), face au sien, "qui  vit avec une économie réelle". "Face à moi, il y a trois jets privés, là! Je suis le seul qui prendra le  TGV pour aller à Lille", avait renchéri le président du club varois. 

Lorenzetti: "Mourad se moque du monde"

"J'espère que Mourad arrivera à l'heure (à Lille), a répondu Lorenzetti. J'ai quand même appris qu'il allait venir en stop de Toulon jusqu'à Paris, qu'après il allait prendre le métro puis le bus pour monter jusqu'à  Lille. Il ne faut pas qu'il se perde en route." Déterminé à ne pas se "laisser massacrer" par Boudjellal, friand de sorties médiatiques assassines, le boss du club francilien a lui aussi sorti les armes. "Mourad, quand il nous traite de milliardaire, il se moque du monde", a-t-il ironisé, se comparant à un "Petit Poucet" face aux groupes  Michelin (actionnaire de l'ASM Clermont), Pierre-Fabre (propriétaire du Castres  olympique), ou encore à Thomas Savare, héritier du groupe Oberthur et  propriétaire du Stade Français. Le fondateur du  réseau immobilier Foncia a également tenu à  rappeler que le RCT disposait d'un budget supérieur à celui du Racing (23,6  MEUR contre 22,4 MEUR selon les chiffres fournis en début de saison). Pourtant, avec leur pléiade d'internationaux gallois, irlandais, argentins, sud-africains, fidjiens et français, les Ciel et Blanc n'ont pas grand chose à envier au RCT.

Lorenzetti frappe puis caresse

Survolté, Lorenzetti a remis en question le modèle économique de son futur adversaire. "Il ne faut pas oublier qu'il a plus de six millions d'euros qui sont donnés par les pouvoirs publics, donc il peut tous vous remercier." Un comble pour un président dont le club a pour sponsor maillot le département des Hauts de Seine... Au coeur de ce feu nourri, celui qui a repris le Racing-Metro  en 2006 a rendu hommage à Mourad Boudjellal. "La situation est très claire: il y a le rugby et dans ce rugby il y a une  personne qui est complètement à part, c'est Mourad", a analysé M. Lorenzetti. "D'un autre côté, vous avez le reste des présidents qui ont une position  plus traditionnelle avec un besoin de modernisation et de transparence. Moi, je  me situe entre les deux camps", a-t-il poursuivi, assurant partager "un certain  nombre de points de vue de Mourad, qui est quelqu'un de très intelligent, comme  son combat contre le Front national." Malgré tout, la réponse de son homologue ne devrait pas manquer de piquant. Avant l'entrée des trente joueurs sur la pelouse du stade Pierre-Mauroy vendredi soir, Lorenzetti a rajouté du sel à ce choc.