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Tennis - Murray-Gasquet, le déclic olympique ?

Publié le 07/08/2012 | 18:42, mis à jour le 11/08/2012 | 08:26

Murray-Gasquet, le déclic olympique ?

Andy Murray lors de son sacre olympique à Wimbledon (AFP - LEON NEAL)

Pour la première fois de sa carrière, Andy Murrray a conquis un titre majeur, en s'imposant dans l'épreuve du simple des JO à Wimbledon. Idem pour Richard Gasquet, en bronze en double avec Julien Benneteau. Deux hommes au talent immense, jusque-là pénalisés par un mental défaillant. Londres-2012 servira-t-il de déclic ?

En quatre finales de Grand Chelem, Andy Murray n'avait jamais gagné une seule fois. Son ultime essai remontait à peu de temps, puisqu'il s'agissait du tournoi de Wimbledon, voici trois semaines. Et sur ce même terrain, face au même adversaire, l'Ecossais est sorti en vainqueur.

"C'est une étape de plus dans son processus de maîtrise des événements", estime Patrice Dominguez, consultant France Télévisions. "Le fait qu'il ait gagné ce titre, dans le Temple du tennis, ne peut que l'aider dans sa quête d'un Grand Chelem. Par rapport à la finale en Grand Chelem, il a été exceptionnel de maturité en changeant de tactique face à un Roger Federer, il faut le reconnaître, diminué." Aux quatre finales du Grand Chelem perdues, il faut ajouter également six demi-finales concédées par le Britannique. Et même si les matches olympiques, hormis la finale, se disputaient en au meilleur des trois sets, il s'agit d'un signe fort: "Il a battu le N.1 et le N.2 mondiaux, ce dernier de façon nette et convaincante malgré l'énorme pression qu'il avait. Cela veut dire qu'il a réglé un certain nombre de problèmes, notamment au niveau de son attitude qui a été positive, concentrée et agressive. C'est aussi le travail avec Ivan Lendl qui paye, et qui va le conforter dans cette voie positive plutôt que de faire le garçon capricieux."

"Encore trop perméable aux éléments extérieurs"

Pour Patrice Dominguez, cette victoire est aussi dûe au contexte: "Il a trouvé la solution à Wimbledon peut-être parce qu'il a vu les autres athlètes britanniques se sublimer dans ces JO. Ils subissent une pression positive, qui leur ont permis de se sublimer, et de triompher dans des épreuves où ils ne gagnaient pas, comme le dressage ou l'aviron féminin." Pour Richard Gasquet, le public n'est pas en cause. C'est plutôt le groupe France, avec Jo-Wilfried Tsonga, Michael Llodra, Gilles Simon et Julien Benneteau. En bronze avec ce dernier dans le tournoi de double, le Biterrois a parfois étonné, notamment en explosant de joie lors de la victoire pour la 3e place. "Mais Richard n'est pas encore au niveau d'un Murray en terme de maturation et de maturité", avertit l'ancien Directeur technique national. "Il n'a pas le même équilibre mental ni la même faculté de se sublimer. Il ne maîtrise pas encore les phénomènes psychologiques. Il est trop perméable aux éléments extérieurs. Mais ce bronze est tout de même une progression. Cela va l'aider." Vainqueur de Roland-Garros en double mixte (avec Tatiana Golovin) lorsqu'il n'avait que 17 ans (en 2004), "les Jeux, c''est totalement différent. Il a joué pour avec les autres, pour les autres, pour son pays."

Actuel 21e mondial, Richard Gasquet a néanmoins encore du travail selon Patrice Dominguez: "Il a besoin de grandir, de s'émanciper pour être responsable sur le terrain, mais aussi dans sa vie. Là, il a vécu avec les autres dans une maison, une expérience qu'il n'avait jamais faite. Elle arrive tard par rapport à d'autres, mais cela peut lui servir."