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Pourquoi Tsonga va gagner Roland-Garros

Jo-Wilfried Tsonga

Jo-Wilfried Tsonga | PATRICK KOVARIK / AFP

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Publié le 05/06/2013 | 14:53, mis à jour le 05/06/2013 | 16:59

Jamais depuis le triomphe de Yannick Noah en 1983 un Français n’a semblé aussi bien placé pour remporter les Internationaux de France (Mats Wilander était largement favori contre Henri Leconte en 1988). Jo-Wilfried Tsonga peut succéder dimanche à la personnalité préférée des Français (selon le baromètre annuel du Journal du Dimanche) à condition de ne pas se détourner de sa mission. Le Manceau a quelques atouts pour réaliser son rêve.

Un état de forme exceptionnel

Affûté comme jamais grâce au travail effectué en amont avec son coach Roger Rasheed, Tsonga ne se sent plus obligé de terminer les points en deux ou trois coups de raquette. Il se sait endurant, capable de rivaliser avec tous les ténors du fond du court même s’il devra se montrer entreprenant pour déborder ses futurs adversaires, tous très au point de ce côté-là. Il y a 30 ans, Noah s’était lui aussi bâti une caisse pour se sentir plus fort sur le court, avec le résultat que l’on sait.

Aucun set égaré

Cette fraîcheur physique et mentale, Tsonga la doit à ses entraînements poussés qui lui ont permis de rentrer tranquillement dans le tournoi avant de monter en puissance en deuxième semaine. Le Français continue de très bien servir et il attaque à bon escient, confiant dans sa solidité dans l’échange. Il n’a perdu aucun set en cinq rencontres et n’a disputé qu’un seul jeu décisif (première manche contre Nieminen). Contre Federer, il ne s’est pas affolé après le break concédé au premier acte, avant de renverser la vapeur. La force tranquille.

Un tableau idéal

Tsonga bénéficie d’un tirage au sort heureux qui lui a épargné les gros combats des premiers tours, lorsque des challengers aux dents longues viennent bousculer l’ordre établi. Il a disposé du Slovène Bedene, du Finlandais Nieminen, de son compatriote Jérémy Chardy, du Serbe Victor Troïcki et de Roger Federer. Un parcours sur mesure avant de retrouver les spécialistes dans le dernier carré (Ferrer, Nadal) et (ou) le numéro 1 mondial Djokovic, les trois étant à l’aise sur toutes les surfaces.

Ferrer coince toujours en demi-finales

Même si ça fait 11 tournois du Grand Chelem consécutifs qu’il dispute au moins les huitièmes de finale, et six de suite les quarts, David Ferrer a toujours buté sur l’avant dernier obstacle dans sa quête de Majeur. Certes, l’Espagnol ne s’incline que contre les cadors (Murray, Nadal ou Djokovic), mais il n’est jamais parvenu à s’inviter à la table des grands. Il endosse le rôle du meilleur joueur derrière le quatuor magique mais ne semble pas armé pour les vaincre. Tsonga semble capable de se surpasser. Lui, moins. D’ailleurs, celui des deux qui a déjà fait une grande finale s’appelle Tsonga (Melbourne 2008).

Il ne craint pas Djokovic (surtout sur terre)

Tsonga n’a jamais eu peur de Novak Djokovic même s’il le respecte énormément. Sa cruelle défaite en quarts de finale ici-même l’an dernier a clairement montré à Tsonga la marche à suivre pour bousculer le numéro 1 mondial (le Sarthois avait manqué quatre balles de match). Il possède la puissance de feu adéquat pour embêter le Serbe même si ce dernier mène dans leurs face à face (10 à 5 dont les 8 dernières). Tsonga semble capable d’agresser le Belgradois à condition de très bien servir (comme contre Federer).

Nadal n’évolue pas à son meilleur niveau

Bien qu’il monte en puissance, Rafael Nadal semble encore assez loin de son niveau de 2008 ou 2010 lorsqu’il avait réussi la performance d’enlever le tournoi sans concéder le moindre set (comme Bjorn Borg en 1978 et en 1980). Le Majorquin a peiné dans ses deux premiers tours pour éliminer l’Allemand Daniel Brands et le Slovaque Martin Klizan. Avant, certes, de dérouler ensuite. Sur terre battue il s’agit du challenge ultime, mais Tsonga semble capable de le relever, surtout s’il devait pleuvoir dimanche (ce qui atténue grandement l’effet du lift de Nadal).

Les armes techniques

Tout les spécialistes s’accordent à dire que Tsonga a fait beaucoup de progrès sous la férule de Roger Rasheed, notamment au retour en en revers. "C’est un joueur beaucoup plus complet, plus fort, plus puissant, selon notre consultant Arnaud Boetsch. Il fait des passings qu’il ne faisait pas avant. Il a solidifié son revers. Il a davantage d’options. Plus costaud, plus solide, très affûté, Battling Jo possède un bagage complet qui doit lui permettre de dompter la surface ocre".

Les supporters

Tsonga dit absolument jouer avec le public pour aller au bout de son rêve. Ca tombe bien, le Manceau aime ça. Il n’a pas trop eu le loisir de se servir de cette arme jusqu’ici, mais il sait qu’il en aura très probablement besoin ce week-end contre le(s) cador(s). Casser le rythme adverse lorsqu’il se sent moins bien en profitant des encouragements des fans fait partie de l’attirail du champion. Tsonga n’aura aucun scrupule à utiliser toutes les ficelles pour parvenir à ses fins. En quarts de finale de l’édition 1983, Noah avait su profiter de l’enthousiasme exacerbé des supporters tricolores pour terrasser son ennemi Ivan Lendl (6-0 au 4e). Même si Ferrer est toujours fair play, Tsonga devra lui faire sentir qu’il a 15 000 personnes contre lui. Idem contre Nadal ou Djokovic.

Vidéo: Tsonga héritier de Noah 30 ans après

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