Tour de France - Prudhomme: "L’émergence d’une nouvelle génération"

Publié le 09/07/2012 | 16:12, mis à jour le 09/07/2012 | 16:42

Prudhomme: "L’émergence d’une nouvelle génération"

Christian Prudhomme (AFP-Saget)

Le patron du Tour de France, Christian Prudhomme, a bien voulu dresser pour francetvsport.fr un bilan de la première semaine de ce 99e Tour de France. Lors de cet entretien, l’ancien journaliste a notamment salué le comportement et le talent des jeunes coureurs comme Peter Sagan ou encore Thibaut Pinot.

Qu’avez-vous pensé de cette première semaine de compétition ?
Christian Prudhomme - Je suis surtout sur le coup d’un week-end magnifique. Très content de la Planche des Belles Filles, de voir la jeunesse émerger. A la fois Peter Sagan qui a gagné trois étapes en puncheur et en sprinteur, puis Thibaut Pinot le benjamin du Tour qui a triomphé à Porrentruy. Les deux plus jeunes coureurs du Tour ont chacun gagné une étape, et en l’occurrence trois pour Sagan, dont la carrière ne fait que commencer, comme celle de Pinot. C’est l’émergence d’une nouvelle génération. Un Français qui gagne pour son premier Tour, on n’avait pas vu cela depuis des années.

Que change la victoire d’un Français sur le Tour ?
- On est tous un peu « cocorico »… Qu’est-ce que cela change, ce n’est pas la même chose, les gens sont contents. La presse en parle avec ferveur, si Tsonga gagne à Wimbledon, on est content et on en parle. Si Pinot gagne en France, on en parle. Un Français qui gagne c’est bien, mais au-delà d’un Français, c’est d’avoir des jeunes. Quand on gagne une étape du Tour à 22 ans, il n’y a pas de secret, c’est que l’on a du talent, c’est obligatoire. Sans les comparer, Sagan et Pinot, ont tous deux du talent. On était juste derrière quand Pinot a repris Kessiakoff, c’était Le grimpeur. Il avait des changements de rythme, il avait de l’allure, il était beau, il y avait une foule dense et extrêmement disciplinée. A l’oreille, il y avait un brouhaha assourdissant, c’était extraordinaire mais ils ne courraient pas. Je rappelle qu’il ne faut surtout pas courir car c’est dangereux. Le voir gagner comme cela, on avait juste peur que Marc Madiot nous fasse une crise cardiaque, mais c’était beau !

Pensez-vous que l’on puisse voir un Français triompher sur les Champs-Elysées dans les prochaines années ?
- (Rires) Je ne sais pas. Ce que je sais en revanche, c’est qu’il y a une nouvelle génération de coureurs français qui est de grande qualité. Trois des quatre derniers champions du monde juniors sont Français, deux des derniers champions du monde espoirs sont Français. Thbaut Pinot vient, 22 ans, benjamin du Tour vient de gagner une étape pour sa première participation. Et sait-on jamais, il va peut-être nous gratifier de quelques exploits encore pendant les 15 jours restant. Il y a aussi Arnaud Démare, le champion du monde Espoirs qui n’est pas sur le Tour, il y a Nacer Bouhanni, champion de France devant Démare. Donc il y a une vraie belle génération, avec Pierre Rolland qui est notre meilleure chance au général malgré ses lacunes dans le contre-la-montre, mais qui devrait faire parler de lui dans la montagne dès mercredi.

Êtes-vous satisfait de cette « Planche des Belles Filles » ?
- Oui, j’en suis très satisfait. Nous avons l’obsession d’aller chercher des sommets, des pentes, des difficultés ailleurs que dans les Alpes et les Pyrénées. Bien sûr que nous allons continuer d’aller dans les Alpes et les Pyrénées, qui sont indispensables au Tour de France. Mais parce qu’elles représentent le sud et le sud-est de la France, on a le devoir d’aller chercher des difficultés ailleurs, pour que la plage des étapes pièges ou des étapes où le Tour peut se jouer, soit beaucoup plus grande qu’aujourd’hui. Cela fait partie de ce que l’on a mis en place depuis quelques années, à savoir un plan pour aller traquer les difficultés un peu partout. C’est Mûr-de-Bretagne qui était fabuleux l’an passé, c’est le Mont des Alouettes, c’est Boulogne cette année, ou Seraing en Belgique. L’objectif est d’animer la première semaine du Tour et en même temps élargir la palette. Des pentes comme celle de la Planche des Belles Filles, on en a peu vu. Le nom déjà, ça sonne, on s’en souvient ! Et les gens vont s’en souvenir par le nom, mais aussi par l’aspect athlétique, sportif, extraordinairement probant et par la beauté des paysages, avec ce plateau des mille étangs. Cela donne envie d’aller en chercher d’autres encore plus activement.