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Bézy-Plisson à la charnière du XV de France de Novès, Vakatawa, Danty et Jedrasiak titulaires

Le demi de mêlée Sébastien Bézy

Le demi de mêlée Sébastien Bézy | AFP - FRANCK FIFE

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Publié le 04/02/2016 | 11:05, mis à jour le 05/02/2016 | 12:23

Guy Novès a dévoilé sa première composition d'équipe, pour le premier match du Tournoi des 6 Nations de l'équipe de France samedi au Stade de France contre l'Italie. Le nouveau sélectionneur a décidé, sans surprise, de confier la charnière des Bleus au duo Bézy-Plisson (24 ans chacun), dont ce sera la première association. Le staff de l'équipe de France a également lancé plusieurs novices (Vakatawa, Danty, Jedrasiak), encadrés par le nouveau capitaine Guirado, entourés de Mastri, Slimani, Picamoles, Médard...

C'est une première. Elle marquera forcément le règne de Guy Novès à la tête de l'équipe de France. En appelant 10 joueurs jamais sélectionnés parmi les 31 convoqués au stage, l'ancien manitou du Stade toulousain avait déjà envoyé un signal. En titularisant le duo Sébastien Bézy-Jules Plisson à la charnière, il a clairement fait un pari sur l'avenir (ils ont 24 ans tous les deux), confiant cette charge à deux joueurs en pleine bourre dans leur club respectif et qui "puent le rugby", comme on dit. : "Est-ce que c'est une évidence", interrogeait Guy Novès. "Ils vont donner le meilleur. C'est une charnière très jeune, mais effectivement qui démontre tous les weekends un talent particulier, qui encore une fois correspond à ce profil de jeu. Est-ce qu'ils sont trop jeunes ? On sait qu'ils ne vont pas nous décevoir. Ces jeunes là représentent l'avenir du XV de France."

Joueurs d'instinct, aimant envoyer des ballons à leurs lignes arrières, tout en ayant déjà une forte autorité sur leurs coéquipiers. Désormais habitués à jouer au plus haut niveau en France comme en Europe, les deux hommes représentent peut-être les nouvelles perles du rugby tricolore. Encore faut-il le montrer sur le terrain. La première occasion sera face à l'Italie, au Stade de France, avec une première sélection pour Sébastien Bézy. L'an dernier, c'est face aux Transalpins que le Parisien avait retrouvé sa place en équipe de France. Et le sélectionneur laissera les deux hommes décider qui sera le buteur, sachant que les coups de pied lointains seront plutôt assurés par Plisson. "Les garçons vont aller travailler au Stade de France. Je vais laisser les joueurs prendre l'initiative", a explique Novès. "Je vais leur laisser l'opportunité de choisir entre eux, c'est ma manière de faire."

Vidéo: Les coqs en herbe

 
 

Vakatawa: "Il a un certain nombre de lacunes"

Cette nouvelle charnière n'arrive pas seule. Le staff n'a pas hésité à lancer un total de quatre novices (Jedrasiak, Bézy, Vakatawa, Danty) pour ce premier match, sans compter trois autres sur le banc (Chat, Poirot, Camara). Sur les 23 du groupe, ils seront donc 7 à découvrir le Tournoi des 6 Nations et le très haut niveau international. Devant, Paul Jedrasiak est le seul lancé dans le grand bain. Le deuxième ligne de Clermont a gagné sa place aux dépens d'Alexandre Flanquart, sa puissance n'étant certainement pas étrangère à ce choix dans un match où le combat sera omniprésent. Il sera associé à Yoann Maestri, véritable cadre de ce paquet d'avants. Virimi Vakatawa sera l'un des plus attendus samedi. Spécialiste du rugby à VII, l'ailier joue une carte importante pour son avenir à XV. Très spectaculaire, très fort dans les duels, voilà les secteurs dans lesquels il est espéré par le staff: "Des garanties, j'en ai aucune concernant les joueurs", a balayé le sélectionneur concernant le risque de ce choix. "Ce n'est qu'une affaire de choix. On est conscient qu'il a un certain nombre de lacunes, il ne maîtrise pas son poste parfaitement, mais plus tôt on l'y mettra, mieux ce sera. Ce qui nous a plu à l'ensemble du staff, c'est qu'il s'inscrit dans un projet de jeu. Sa disponibilité dans le jeu, sa capacité à s'exprimer dans des espaces comme dans le rugby à sept…"

Vidéo: A la découverte de Paul Jedrasiak

 
 

Doussain remplaçant en 10

En associant Gaël Fickou à Jonathan Danty, l'encadrement a mis en place une paire de centres très complémentaire, et il espère sans doute avoir trouvé celle qui redonnera de l'allant au jeu offensif, en berne durant quatre ans. La puissance du Parisien associé à la vivacité du Toulousain, dont il n'est pas non plus dépourvu, cela pourrait faire des étincelles. Voilà pour le cas des jeunes, pour lesquels Guy Novès n'a "aucune crainte. Il faut démarrer un jour. Le plus important est d'être bien accompagné. Ils sont quatre jeunes. On est au début d'un nouveau mandat, on ne va pas attendre trois ans pour les voir. S'ils sont là, c'est qu'ils ont le potentiel. Quand un jeune a la capacité à jouer, il faut le faire jouer."

Pour les autres, le staff a également tranché. Maxime Médard, peu utilisé par Philippe Saint-André (13 sélections sur les 41 qu'il compte, avec néanmoins des blessures), retrouve un poste à l'arrière, aux dépens de Scott Spedding, mis hors du groupe des 23. Il faut dire qu'avec Hugo Bonneval, titularisé à l'aile mais qui couvre aussi le poste d'arrière, et Gaël Fickou, titulaire au centre mais qui peut rendre des services à l'aile, la France a des solutions de rechange. Dans le pack, c'est clairement la continuité, avec l'intégration de Jedrasiak, mais aussi celle de Wenceslas Lauret, de retour en Bleu, et c'est tout: "J'ai toujours dit que quand on construit un projet, il faut regarder ce qui a été fait avant. L'expérience de la première et de la deuxième ligne est quand même remodelée. On compte sur cette expérience là. L'entraîneur des avants reste Yannick, donc on ne part part de zéro à ce niveau. Il y a quand même des jeunes joueurs, des joueurs d'avenir qui arrivent", a souligné Guy Novès. Damien Chouly conserve sa place en 3e ligne, mais c'est Louis Picamoles qui jouera en N.8.

Et sur le banc, la présence de Machenaud et celle de Doussain prouve que, dans l'esprit des sélectionneurs, le Toulousain est clairement un candidat au poste d'ouvreur, et non à la mêlée qui est donc couverte par le Parisien. Quant à Maxime Mermoz, rappelé après la blessure d'Alexandre Dumoulin, il retrouve place dans le groupe des 23. Un petit retour en grâce pour l'habitué des allers et retours en Bleu.

Méfiance face aux Italiens

Pour ce premier match sous son commandement, Guy Novès se méfie de l'Italie: "De manière générale, on a toujours tendance à dire que ce sera un peu moins dur, et quand on y regarde de plus près, on observe que c'est une équipe qui peut avoir des résultats un peu partout. Quand elle perd, elle perd de très peu. C'est une équipe très solide, avec des bases très fortes. Elle a un jeu dynamique. Les résultats n'ont pas toujours été au rendez-vous, mais c'est une équipe en grand progrès. Quand on met ce maillot (de l'équipe de France), on ne peut pas se permettre de relâchements, et il n'y en aura pas contre l'Italie." Ce sera aussi le premier de Guilhem Guirado comme capitaine: "C'est un immense honneur", a-t-il souligné. "Il nous reste deux jours pour préparer ce match. Nous avons envie de nous retrouver au Stade de France. Nous sommes fin prêts, on reste focalisé sur ce match, c'est ce qui est le plus important."

La composition du XV de France contre l'Italie

Médard - Bonneval, Fickou, Danty, Vakatawa - (o) Plisson, (m) S. Bézy - Chouly, Picamoles, Lauret - Jedrasiak, Maestri - Slimani, Guirado (cap), Ben  Arous
Remplaçants: Chat, Poirot, Atonio, Flanquart, Camara, Machenaud, Doussain,  Mermoz

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