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France-Canada : les enjeux de la première de Yannick Noah

Richard Gasquet et Jo-Wilfried Tsonga à l'entraînement avec le capitaine Yannick Noah

Richard Gasquet et Jo-Wilfried Tsonga à l'entraînement avec le capitaine Yannick Noah | AFP - MIGUEL MEDINA

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Publié le 04/03/2016 | 06:31, mis à jour le 04/03/2016 | 06:40

La troisième ère Noah en Coupe Davis débute ce vendredi avec le premier tour contre le Canada. Privé de Milos Raonic et Daniel Nestor, cet adversaire s’avère moins difficile que prévu, mais pour les Bleus, cette première rencontre soulève quelques enjeux et quelques questions.

Souder le groupe

L’équipe de France débute son opération reconquête en Guadeloupe. Après la finale perdue contre la Suisse en 2014, l’élimination piteuse contre la Grande-Bretagne en quarts de finale, les remous internes aboutissant au licenciement d’Arnaud Clément – lâché par les joueurs – et au retour de Yannick Noah pour un troisième épisode après ceux heureux de 1991 et 1996, place au tennis. Enfin. En appelant les quatre mousquetaires (Tsonga, Gasquet, Monfils, Simon) auquel il faut ajouter Edouard Roger-Vasselin, Noah a fait dans le classique. Il veut s’appuyer sur cette génération, bien qu’il l’ait critiquée – "cette génération c’est zéro Grand Chelem, zéro Coupe Davis" –.

L’objectif étant de la mener au titre, d’en tirer le meilleur. Mais aussi d’aplanir les tensions qui ont pu germer ces dernières années. Ce long stage de neuf jours avant les rencontres était là pour ça. "Il était essentiel pour moi de passer du temps avec les joueurs, a assuré Noah. Ce sont des joueurs que je connais très très peu, avec lesquels j'ai pu certes discuter avant mais pas eu la possibilité d'être vraiment sur le terrain, de vivre avec eux, connaître leurs états d'âme, leur état d'esprit, ce qui peut les stresser, ce qu'ils aiment. Apprendre à se connaître, c'est très important."

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Tsonga-Gasquet, un double pour les numéros 1

Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet, voici le duo qui "règne" sur le tennis français ces dernières années. Tsonga est 9e, Gasquet 10e. Clément en avait fait ses hommes de base. Ils ont été ceux qui ont initié le changement de capitaine. Noah va s’appuyer sur eux aussi pour mener les Bleus. L’idée est de les aligner en double comme contre les Australiens et les Tchèques en 2014. "Vous savez qui a eu l’idée en premier de nous associer ? C’est Gilles (Simon), à Mouilleron-le-Captif en 2014 contre les Australiens, raconte Gasquet dans L’Equipe. Et ça a tilté tout de suite. Dans les deux rencontres qu’on a jouées cette année-là en Coupe Davis, on n’a pas toujours très bien joué, on est montés très haut et descendus très bas. Mais on a eu le talent pout s’en sortir. Jo, je sais que c’est un mec avec qui je peux aller au combat quand c’est chaud". Yannick Noah devrait aligner les deux hommes ensemble qui sortent pourtant d’une période compliquée puisque Gasquet s’est fait laminer par Kyrgios (0-6, 4-6) à Marseille et que Tsonga a complètement manqué sa tournée sur terre battue (quarts de finale à Buenos Aires et défaite d’entrée contre le 388e mondial à Rio).

Le Canada, vraiment un adversaire au rabais ?

Depuis le forfait de Milos Raonic et de Daniel Nestor, on respire mieux du côté des Bleus. Sans son meilleur joueur et le pilier de son équipe de double, le Canada fait beaucoup moins peur. Au point d’être une formalité ? Quand on regarde les confrontations directes entre les adversaires, ça y ressemble pourtant. Vasek Pospisil, le numéro 1 canadien, en l’absence de Raonic et Nestor, pointe à la 44e place - il a été 25e en 2014 – et son compagnon Frank Dancevic est 245e. Son meilleur classement date de 2007 (65e place).

Dans le détail, Pospisil n’a jamais gagné contre Tsonga (une défaite), ni contre Monfils (deux défaites). En revanche, il est à égalité avec Simon qu’il risque de croiser vendredi (une victoire, une défaite-1). Simon l’a d’ailleurs battu tout récemment, au premier tour de l’Open d’Australie en quatre sets. Contre Gasquet, le Canadien a perdu deux fois et gagné autant. Frank Dancevic, lui, n’a jamais joué contre Monfils contre qui il débutera vendredi, mais n’a jamais gagné contre Tsonga (une fois), Gasquet (deux fois) et Simon (une fois) en quatre confrontations.

L’engouement populaire

Yannick Noah a tout fait pour que ce premier tour se passe en Guadeloupe. A l'origine, le coût de l'opération ne devait pas dépasser le million et demi d'euros. On parle aujourd'hui de 3,7 millions d'euros au total - 3,2 millions d’euros pour la Guadeloupe, 500.000 pour la FFT - pour aménager les courts sur le vélodrome Amédée-Détraux, rénover une tribune ainsi que les vestiaires. Outre le coût qui a failli tout faire capoter, les joueurs, à commencer par Monfils n’étaient pas forcément enthousiastes pour aller jouer si loin. C’était important pour Noah. "On joue pour les gens. C'est la première fois que l'équipe de France vient ici, ne serait-ce que pour ça c'est très important. Pour l'île, pour nous, pour les joueurs, c'est une expérience unique", a expliqué le capitaine.

Et vu l’engouement populaire, il semble avoir eu raison. 6500 billets ont été vendus en quelques jours, les rencontres se joueront à guichets fermés. Sur l’île, les réactions étaient mitigées. Le coût était également critiqué mais comme l’a déclaré la maire de Capesterre, Marlène Miraculeux-Bourgeois au Parisien, "si nous voulons faire la promotion de notre île, il nous faut de pareils événements". "Même les gens qui étaient critiques au départ ont envie d’aller voir et de faire partie de la fête", a estimé Aurélien Pinet, le conseiller technique régional de Guadeloupe.

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