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Djokovic remporte l'Open d'Australie pour la 6e fois

La rage de vaincre de Novak Djokovic

La rage de vaincre de Novak Djokovic | PAUL CROCK / AFP

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Publié le 31/01/2016 | 12:38, mis à jour le 31/01/2016 | 16:37

En dominant un Andy Murray sans solution en finale de l'Open d'Australie, Novak Djokovic a remporté son 6e titre à Melbourne (6-1, 7-5, 7-6). Le Serbe, qui a désormais rejoint les légendes Bjorn Borg et Rod Laver avec un 11e titre en Grand Chelem, n'en finit plus d'écraser la planète tennis.

Cela fait longtemps qu'hormis ses supporters le "Djoker" ne fait plus rire personne. Et surtout pas ses adversaires. Andy Murray, numéro 2 mondial mais réduit au rang de faire valoir, peut en témoigner, lui qui vient de subir sa 22e défaite en 31 matchs contre Djokovic, la 11e lors de leurs 12 dernières rencontres. Le tennis, qui s'est souvent nourri de duels épiques (Borg Mc-Enroe, Connors-Lendl, Sampras-Agassi ou Federer-Nadal), se réduit depuis plusieurs mois à un monologue. Le Serbe n'a plus personne pour lui donner la réplique. 

Et le plus décourageant, pour ses poursuivants, c'est que le numéro 1 mondial n'a même pas besoin de jouer à son meilleur niveau pour gagner. Face à Murray, certainement émoussé par ses 4 heures de match contre Raonic en demi-finale et son jour de repos en moins, Djokovic s'est "contenté" d'imprimer son rythme, de frapper un peu plus fort et un peu plus long que son adversaire et cela a suffi. Sans forcer ou presque, le protégé de Boris Becker a étouffé les tentatives de rébellion de l'Ecossais en même temps qu'il plongeait la Rod Laver dans une sorte de douce torpeur, partagée entre l'admiration et la résignation. Il faut dire, à la décharge de Djokovic, que les différentes stratégies mises en place par Murray, ne permettaient pas une opposition de style flamboyante.



Sampras et Nadal dans le viseur

Après avoir tenté le passage en force lors du premier set, ce qui s'avérait une tactique désastreuse face à un contreur comme le Serbe, Murray passait en mode "Gilles Simon", en alternant cadence et effets. Quelque peu déréglée par ces changements de rythme incessants, la machine Djoko perdait de sa superbe. Lui qui avait survolé la première manche en 30 minutes (6-1) commençait à beaucoup rater et à montrer quelques signes d'énervement. Il perdait ainsi l'avantage d'un break réalisé à 3-3, avant de se voir embarqué dans une fin de set assez tendue. Plus solide nerveusement que le Britannique, Djokovic serrait la vis, et le poing, pour boucler cette seconde en 1h20. Le plus dur était fait, et la route grande ouverte vers un 6e titre à l'Open d'Australie. 

La preuve, ce nouveau break d'entrée de 3e set conclu par un passing de revers somptueux en bout de course. Murray avait néanmoins le mérite de ne pas baisser les bras. Face à un tel rouleau compresseur, c'était tout à son honneur. Le quadruple finaliste malheureux à Melbourne oubliait ce triste bilan et jetait ses dernières forces dans la bataille. Il refaisait son retard (3-3) avant de pousser son adversaire au tie-break. L'effort était beau mais il était vain. Plombé par deux doubles-fautes, constamment mis en danger sur sa seconde balle (37% de points gagnés seulement) par le meilleur relanceur du monde, le poulain d'Amélie Mauresmo était trop tendre pour l'ogre serbe. Sans surjouer, mais en maintenant une pression constante, ce dernier filait rejoindre le local Rod Laver et le mythe Born Borg avec un onzième titre en Grand Chelem sur un dernier ace (7-6, 7 points à 3).

A ce rythme, et si la résistance ne s'organise pas, Djokovic va rapidement fondre sur les 12 levées de Roy Emerson. Les 14 titres de Rafael Nadal et de Pete Sampras ne semblent pas non plus hors de portée de Novak. Reste le record absolu de Roger Federer (17) que l'on a longtemps pensé hors de portée de l'actuel boss du tennis mondial. Au vu de la démonstration de celui-ci à Melbourne, et de ce qu'il montre depuis maintenant plus d'un an, ce n'est peut-être plus qu'une question de temps... 

Déclarations : 

Andy Murray: "Il marque 24 points de plus que moi et c'est aussi  la différence entre mes fautes directes et les siennes. Contre Novak, ce n'est  pas bon de commencer comme je l'ai fait. Mais je suis fier d'être revenu dans  le match et de m'être procuré des occasions. Je suis fier aussi d'être arrivé  jusqu'en finale. Maintenant, il me tarde de rentrer à la maison (où son épouse  est enceinte). Je ne sais pas si j'étais loin ou pas de Novak ce soir. Au  premier set, je n'y étais pas, mais les deuxième et troisième ont été serrés.  J'aurais pu jouer un petit peu mieux. En coup droit, je n'ai pas été aussi bon  que j'aurais pu."

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