Tour de France - Voeckler est indestructible

Publié le 11/07/2012 | 17:30, mis à jour le 11/07/2012 | 21:46

Voeckler est indestructible

La joie de Thomas Voeckler à l'arrivée à Bellegarde-sur-Valserine (Nathalie Magniez)

Blessé au genou depuis le début du Tour, Thomas Voeckler a fait parler sa détermination et son talent pour remporter la 10e étape à Bellegarde-sur-Valserine. La bagarre annoncée entre gros bras n'a pas eu lieu malgré une tentative de Nibali dans la descente du grand Colombier.

Cette 10e étape entre Mâcon et Bellegarde-sur-Valserine, longue de 194,5 kilomètres était attendue. Le peloton du Tour de France empruntait un sommet inédit, le col du Grand Colombier, première difficulté hors catégorie de cette édition 2012. Le lieu idéal pour une première explication entre favoris.

Une échappée massive

Le début de course s'avérait prometteur. Le Maillot Vert Peter Sagan s'extirpait du paquet en compagnie d'Andryi Grivko. Plusieurs coureurs tentaient leur chance et faisaient feu de tout bois. Après quarante kilomètres, un groupe de vingt-cinq se constituait à l'avant. Les Français Casar, Voeckler, Péraud, Jeandesbosz, Ladagnous  s'ajoutaient aux deux hommes en compagnie de Millar, Zabriskie, Voigt, Arashiro, Hutarovich, Burghardt, Cummings, Popovych, Gerrans, Goss, Kroon, Morkov, Fofonov, Horrach, Scarponi, Martinez, Luis Leon Sanchez et Devenyns. Cette échappée comptait jusqu'à sept minutes d'avance sur le peloton et passait la côte de Corlier, difficulté de deuxième catégorie, groupée. Matthew Goss et Peter Sagan se disputaient ensuite le sprint intermédiaire à Béon, remporté par le coureur australien.

La bataille n'a pas eu lieu

Au pied du Grand Colombier, ce groupe de tête s'épurait, les hommes les moins doués en montagne lâchant prise. L'accélération de Michele Scarponi dès les premières pentes leur était fatale, seuls Péraud, Voeckler, Luis Leon Sanchez, Devenyns et Casar parvenant à prendre la roue de l'Italien. Dans les pourcentages les plus forts du Grand Colombier, l'Espagnol de la Rabobank Sanchez passait à son tour à l'offensive.

Scarponi, Voeckler et Devenyns le rejoignait pour former un groupe de quatre promis à la victoire finale. Derrière, l'équipe Sky imposait un rythme élevé au peloton dès les premières rampes du col avant de lever le pied. Pour autant, personne ne tentait de distancer Bradley Wiggins, à l'exception d'un Jurgen Van den Broecke peu déterminé. Dans la descente, Vincenzo Nibali faisait pourtant honneur à sa réputation d'équilibriste en prenant ses distances avec le peloton maillot jaune.

Son équipier Peter Sagan, échappé dès les premiers kilomètres l'attendait à l'orée du col de Richemond, ultime relief de la journée. Les deux Liquigas tentaient de faire grossir l'écart, qui dépassait la minute, avant que la Sky ne prenne les choses en mains et n'avale le coureur italien.

Génial Voeckler

Dans les pentes de Richemond, Pierre Rolland et Jurgen Van den Broeck prenaient à leur tour la poudre d'escampette. Cette fois, l'équipe du leader britannique n'en avait cure et leur offrait un bon de sortie. En tête de course, Jens Voigt faisait la jonction avec les quatre hommes. L'issue de la course ne faisait plus aucun doute, ces cinq là devaient se disputer la victoire. A 2,5 kilomètres de l'arrivée, le Belge Devenyns se dressait sur ses pédales et prenait ses distances.

Ses quatre ex-compagnons se regardaient avant que Jens Voigt ne réponde, suivi par Thomas Voeckler qui les rejoignaient à quelques encablures de la flamme rouge. Le Français était alors irrésistible, pendant que les autres coinçaient. Sans demander son reste, le leader d'Europcar les déposaient, filant inexorablement vers la victoire. Malgré ses grimaces et sa douleur dans un final difficile, le coureur de Jean-René Bernaudeau se dépassait pour franchir la ligne en premier et fêter sa troisième victoire d'étape sur le Tour de France. L'Italien Michele Scarponi devait se contenter de la deuxième place devant l'Allemand Jens Voigt qui complétait le podium. Luis Leon Sanchez terminait 4e et Dries Devenyns 5e après avoir craqué sur la fin. Thomas Voeckler était trop fort.

Le dernier kilomètre

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Voeckler : "C'était dur"

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