Cyclisme - Zanardi, un destin hors du commun

Publié le 06/09/2012 | 14:25, mis à jour le 06/09/2012 | 21:16

Zanardi, un destin hors du commun

Alessandro Zanardi, médaillé d'or en handbike (LEON NEAL / AFP)

Alessandro Zanardi ne fait pas partie de ces athlètes anonymes révélés au grand public lors des jeux paralympiques. Le quotidien de l'Italien était déjà extraordinaire avant son terrible accident sur l'ovale du Lausitzring. Pilote de F1 (41 GP) et de CART (2 titres), il essayait de relancer sa carrière en Indycar quand il eut les jambes broyées dans un choc avec la monoplace d'Alex Tagliani, le 15 septembre 2001.

Sauvé de la mort par les médecins malgré sept arrêts cardiaques et les trois quarts de son sang sur le bitume, Zanardi avait perdu beaucoup plus que ses espoirs de reconversion, ses jambes. Onze ans plus tard, sur un autre circuit automobile, celui de Brands Hatch, l'Italien s'est battu avec ses bras pour conquérir l'or paralympique en handbike. "C'est un grand aboutissement, l'un des plus grands de ma vie", a-t-il dit après sa victoire. J'ai travaillé si dur pour arriver là. C'est formidable de vivre cette expérience à 45 ans." Malgré son violent accident, Zanardi n'avait jamais abandonné l'idée de poursuivre sa carrière en sport automobile. Deux ans après son amputation, il bouclait ses tours manquants pour finir la course du Lausitzring sur une CART aménagée. Avec les progrès de la technique, il s'engageait alors en championnat de voitures de tourisme, européen d'abord, puis mondial dans le WTCC. Rugueux en piste, l'Italien s'est hissé à trois reprises sur la plus haute marche du podium avant un départ en retraite en 2009.

Zanardi n'est plus pressé

Zanardi ne mettait pas longtemps à reprendre la route mais à vélo. "Il y a trois ans, j'ai arrêté les sports mécaniques, raconte-t-il. j'avais 42 ans. Cela semblait stupide de vouloir tout arrêter comme ça, contre l'avis de tous. Mais ce n'est pas la première chose folle que j'ai fait dans ma vie. A la fin, j'étais convaincu. On ne doit jamais chasser ses rêves les plus fous, si vous avez un espoir vers où vous tournez, le bonheur est juste au coin de la rue." Ce grand bonheur, c'était ce rêve olympique sur le contre-la-montre du handbike, un vélo à pédales manuelles. Et tant pis si ça va beaucoup moins vite qu'une voiture de course. Le bonheur n'est plus dans la vitesse, ni même dans la performance mais dans le quotidien que l'Italien apprécie désormais à sa juste valeur. "Quand vous avez 20 ans, vous appréciez les titres. Quand vous en avez 40, vous appréciez ce que vous faites tous les jours. J'ai aimé chaque jour d'entraînement. C'était une aventure magique et c'est une fantastique conclusion." L'or en poche, Zanardi réfléchit déjà à demain, à d'autres défis. Pourquoi pas participer aux 500 Miles d'Indianapolis comme il l'avait évoqué avant Londres ? Chiche !

Zanardi, un rescapé de la vie

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